Née en 1788, la reine RABODONANDRIANAMPOINIMERINA, plus connue sous le nom de RAMAVO était l’épouse du roi RADAMA I.
Elle est la fille aînée du prince ANDRIANTSALAMANJAKA et de la princesse RABODONANDRIANTOMPO (cousine du roi ANDRIANAMPOINIMERINA et adoptée par la princesse RALESOKA, la sœur aînée de ce dernier).
A la disparition subite du roi RADAMA I et en l’absence d’un héritier légitime, les fidèles du roi ANDRIANAMPOINIMERINA décidèrent de mettre l’épouse du roi défunt sur le trône, le 3 août 1828, afin d’éviter une guerre de succession.
Ainsi donc, elle fut couronnée reine régnante le 12 août 1828, à Andohalo et porte désormais le nom de RANAVALONA I.
Les autres prétendants furent systématiquement éliminés ou exilés afin d’écarter tout danger.
De crainte de perdre l’Indépendance de son pays, elle lutte contre l’influence étrangère : certains fidèles chrétiens comme Rasalama Martiora, sont martyrisés ; considérés comme traîtres à leur patrie ("Mpivarotra tanindrazana" : littéralement "qui vend son pays"), les autochtones qui se convertissent au christianisme sont pourchassés. D’ailleurs, la reine déclare à leur encontre "Miala amiko ka mba ialako, mahafoy ahy ka mba foiko" (Ils m’ont renié alors je les renie, ils ont renoncé à moi, je renonce à eux !) lors de son discours de 1849.
Elle dénonce également le traité anglo-malgache de 1820 et les missionnaires qui refusèrent d’effectuer les travaux d’éducation, (auxquels la reine tient) sont peu à peu expulsés du territoire à partir de 1835.
Seuls quelques techniciens indépendants, tel que Jean Laborde, sont tolérés pour moderniser le territoire : ce dernier introduit un grand nombre de nouveautés, techniques et dote Madagascar d’une industrie métallurgique et chimique ; il réussit à construire le Palais de la Reine (à Andohalo) sans l’aide d’aucun technicien.
Des expéditions permettent de consolider le royaume, de nouvelles régions côtières sont soumises et empêchent les Français de s’y établir. Des contacts entre le port de Majunga et celui de Zanzibar permettent d’amoindrir l’influence européenne. Ces campagnes diminuent considérablement les maigres ressources (financiers et démographiques) du pays.
Le bilan s’alourdit davantage quand ses troupes durent repousser les attaques simultanées des marines françaises et britanniques, en 1845.
Bien que les frontières de l’île fussent de plus en plus hermétiques, le commerce clandestin d’esclaves s’intensifie, et un afflux important de déportés étrangers (à l’origine de la communauté Mainty) parvient jusqu’au cœur de la capitale.
Sévère, la reine défendit avec acharnement son pays contre l’influence chrétienne et l’invasion européenne.
De ce fait, l’histoire fait d’elle, une reine symbole d’obscurantisme et de cruauté, alors que pour les siens, elle fut la fierté nationale, une grande souveraine patriote : ainsi dit-elle "Ny fomban-dRazako tsy mba mahamenitra ahy na mampatahotra ahy" (Je ne ressens ni honte ni crainte au sujet des coutumes de mes ancêtres).
La reine RANAVALONA Ière réussit donc à perpétuer l’œuvre du Grand roi ANDRIANAMPOINIMERINA et de son époux, le roi RADAMA Ier.
La Reine mourut le 18 août 1861 et laissa le trône à son fils RADAMA II.